Le fils prodigue

Et l'univers disparaîtra - Gary Renard
P. 11 à 13













"Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : « Père, donne-moi la part de fortune qui me revient. » Et le père leur partagea son bien. Peu de jours après, rassemblant tout son avoir, le plus jeune fils partit pour un pays lointain et y dissipa son bien en vivant dans l’inconduite. Quand il eut tout dépensé, une famine sévère survint en cette contrée et il commença à sentir la privation. Il alla se mettre au service d’un des habitants de cette contrée, qui l’envoya dans ses champs garder les cochons. Il aurait bien voulu se remplir le ventre des caroubes que mangeaient les cochons, mais personne ne lui en donnait. Rentrant alors en lui-même, il se dit : « Combien de mercenaires de mon père ont du pain en surabondance, et moi je suis ici à périr de faim ! Je veux partir, aller vers mon père et lui dire : Père, j’ai péché contre le Ciel et envers toi ; je ne mérite plus d’être appelé ton fils, traite-moi comme l’un de tes mercenaires. » Il partit donc et s’en alla vers son père. Tandis qu’il était encore loin, son père l’ aperçut et fut pris de compassion ; il courut se jeter à son cou et l’embrassa tendrement. Le fils alors lui dit : « Père, j’ai péché contre le Ciel et envers toi, je ne mérite plus d’être appelé ton fils. » Mais le père dit à ses serviteurs : « Vite, apportez la plus belle robe et l’en revêtez, mettez-lui un anneau au doigt et des chaussures aux pieds. Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé ! » Et ils se mirent à festoyer.

Arten : Merci, Gary. Cette histoire se tient encore très bien, même si elle était bien meilleure en araméen. Bien sûr, J utilisait des symboles connus de son auditoire, mais cette parabole offre toujours un riche enseignement si on la considère d’un regard neuf. Il faut d’abord comprendre que le fils n’a pas été chassé de la maison paternelle ; il a été assez stupide pour penser qu’il pouvait partir et mieux réussir par lui-même. C’était la réponse de J au mythe du jardin de l’Éden. Dieu ne vous a pas bannis du paradis et Il n’est en rien responsable de votre expérience de séparation de Lui. Deuxièmement, il faut remarquer que le fils a épuisé ses ressources limitées et a commencé à ressentir la privation, une condition qui n’existe pas au Ciel. Apparemment coupé de sa Source, il connaissait la privation pour la première fois de sa vie. Nous reviendrons sur ce sujet avec toi au moment approprié. Encore une fois, nous disons qu’il semble coupé de sa Source parce que nous parlons de quelque chose qui a semblé se produire, mais qui ne s’est pas produit en réalité.
Nous comprenons que c’est là un concept difficile à saisir et nous y reviendrons souvent en cours de route. Alors que le fils connaît la privation, il tente de combler ce manque en se joignant à un autre habitant de cette contrée. Cela symbolise la tentative de trouver en dehors de soi une solution à un problème, en créant invariablement une relation particulière. Ces tentatives incessantes et désespérées pour trouver une solution par une recherche extérieure continuent jusqu’à ce que vous deveniez comme le fils prodigue lorsqu’il est rentré en lui-même. Le fils se rend alors compte que la seule solution significative à son problème, c’est de retourner à la maison de son père et, ce faisant, de devenir pour ce dernier la plus importante personne du monde. Et nous voici maintenant au point crucial de la parabole : le contraste entre ce que le fils a fi ni par croire sur lui-même et ce que le père sait être vrai. Le fils pense qu’il a péché et qu’il est indigne d’être appelé le fils de son père. Mais le père aimant ne veut rien entendre. Il n’est ni en colère ni vindicatif et n’a pas la moindre envie de punir son fils.
Voilà comment est Dieu ! Il ne pense pas comme les humains car Il n’est pas une personne. Cette parabole est métaphorique.
L’Amour de Dieu court à la rencontre de Son Fils. Dieu sait que Son Fils est éternellement innocent, puisqu’Il est Son Fils. Rien de ce qui semble arriver ne peut changer cela. Le fils prodigue revient maintenant à la vie. Il n’est plus perdu dans des rêves de privation, de destruction et de mort. C’est le temps de festoyer."

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